that’s intergalactik !
Le festival 2011 s’est terminé le 15 octobre.
Ensuite il nous a fallut démonter le chapiteau, ranger, nettoyer, arracher, débarrasser, vider, plier, frotter, gratter, lessiver, décrotter, remettre à sa place certaines choses, en remiser d’autres, fêter ça, se poser et se reposer...
Bientôt viendra le temps des bilans, humains et comptable.
Mais avant toute chose, nous tenions à remercier chaleureusement les bénévoles, les invité-e-s, les spectateurs et spectatrices, les bistrots pour leurs coups de mains, les cinémas pour leur accueil et les beilges marrons pour le rock n’roll.
La semaine fut belle, folle, forte en émotions. that’s intergalactik !
on remet ça ?
Pas de frontière
La première frontière est souvent posée par le regard et la caméra, regard de substitution, n’y déroge pas. Enfermer le ou les sujets dans un cadre, fixe ou mobile, selon un angle défini, avec une profondeur de champ établie, constitue la première des manipulations qui conduisent à dresser une frontière, celle de la subjectivité du filmant.
Le film « No comment » présenté au Mac Orlan est à cet égard représentatif. S’ils ne s’émancipent pas de certaines contraintes, telles celle édictée plus haut ou la durée standardisé de leur opus, les réalisateurs ont choisi de ne pas utiliser de voix-off omnisciente, ni d’interviews. Et lorsqu’il s’agit de présenter des migrants à Sangatte, la voix-off tire souvent le film vers le documentaire animalier. Mais ici point de ça comme le titre l’indique, et ça fait du bien.
La caméra, malgré la subjectivité induite par son placement et ses déplacements, laisse la place à la pensée. On se rend dès lors compte que ces migrants qui rêvent d’Outre-Manche, sont humains, porteurs d’espoirs, d’une culture, de rêves. Il est clair qu’un individu nourri quotidiennement à la pensée prémâchée du JT de Jean-Pierre Pernault sera quelque peu perturbé, soumis à des convulsions nerveuses face à cette liberté qu’on lui offre. Merde, je dois réfléchir là. Comment on fait ? S’il vous plait aidez-moi, dites-moi c’que j’dois penser. Mais passées les trois premières minutes d’effroi et d’étonnement liés à cette liberté si subitement concédée, il se calmera, et se surprendra à penser par lui-même.
Est alternatif ce qui constitue une nouvelle voie, un nouveau courant, par rapport à un standard accepté. Mais le courant alternatif change fréquemment de polarité et les alternatives d’aujourd’hui deviendront pour certaines d’entre elles, les standards de demain. Difficile donc de s’approprier ce concept d’alternativité, qui tend à devenir un label galvaudé, presque une marque déposée. Mais nous persistons malgré tout à vouloir présenter de l’image alternative.
Et les médias dominants nous facilitent grandement la tâche tant leur inféodation aux annonceurs, aux industriels et de plus en plus aux financiers, paraît criante. Merci à eux donc d’exalter avec tant de ferveur les vertus du repli identitaire. Merci à eux de nous permettre de rêver à un monde où les frontières, fussent-elles galactiques, seront abolies et où les préjugés seront boutés hors du champ de la caméra.
Canal Ti Zef
